Immigration : le gouvernement repart à la charge !

Immigration : le gouvernement repart à la charge !

Immigration : le gouvernement repart à la charge !

Exceptionnellement je n’étais pas à la manifestation de cette après midi, samedi 13 février, avec les travailleurs sans papiers. Après la manifestation contre la fermeture du centre IVG de Tenon, comme de nombreuses femmes, je m’occupais aussi des miens. Mais après les sorties dans la presse du futur 5ème texte de loi en 6 ans de refonte du projet de loi, j’avais bien envie de fouler les pavés !

Après le fiasco du débat sur l’identité nationale, Eric Besson reprend en effet l’initiative, et décide de modifier pour la 5ème fois en 6 ans le code d’entrée et de séjour des étrangers (CESEDA). Ce gouvernement est-il si mauvais qu’il ait besoin de revoir sa copie chaque année ? L’enjeu est avant tout idéologique. Il s’agit pour la droite, à la veille des régionales, de montrer sa détermination à s’attaquer au seul et vrai fléau qu’il a désigné dans le contexte de crise et de rejet croissant de sa politique par les français : l’immigration. La ficelle est grosse mais qu’à cela ne tienne. Aussi, l’actualité récente avait offensé ce gouvernement qui recherche à s’arroger les pleins pouvoirs. La justice avait invalidé dernièrement la décision du ministre d’enfermer les kurdes qui avaient débarqué clandestinement sur les plages corses. Jusqu’à présent, ces derniers avaient le droit d’effectuer une demande d’asile, l’Etat n’ayant le droit de les expulser qu’après la notification du rejet. Pour ne pas réitérer cette déconvenue, le gouvernement prévoit dans son avant projet de loi de décréter n’importe quelle partie du territoire français comme une zone d’attente pour faire face à des « afflux massifs et inopinés » d’étrangers en situation irrégulière avait déclaré le ministre. En l’état actuel de la législation, les zones d’attente se situent dans un port, un aéroport ou une gare ouverte au trafic ferroviaire international. La réforme envisagée prévoit donc une privation immédiate de liberté pour les clandestins, où que ce soit. Le ministre prévoit également de limiter les possibilités de recours offertes aux étrangers visés par une procédure d’expulsion. Ils n’auraient plus que 48 heures (contre 30 jours actuellement) pour faire un recours devant le tribunal administratif. Il s’agit d’un affaiblissement du rôle des juges des libertés et de la rétention qui marque une nouvelle attaque de l’exécutif contre le judiciaire. L’application de la directive Retour dite « Directive de la honte » est également prévue et Eric besson en profite pour allonger la durée de rétention. Concernant le travail clandestin, le texte devrait dorénavant permettre aux préfets de fermer pour une durée maximale de six mois des entreprises ayant recours aux sans papiers. Celles-ci pourront être écartées des contrats publics pour une durée de six mois et les entreprises de sous-traitance seraient condamnées. Quelle belle hypocrisie, car qui peut croire que ce gouvernement serait prêt à fermer Bouygues, Véolia, les restaurants Costes, KFC, Suez, etc. ? Au lendemain de ces annonces, c’était donc une bonne chose qu’il y ait une nouvelle manifestation des travailleurs sans papiers, en grève depuis 4 mois ! Ils ont besoin plus que jamais du soutien du plus grand nombre.

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