
Ce jeudi matin, avec les militants du Front de gauche, et nos têtes de liste départementales Eric Coquerel (75) et françois Delapierre (91), nous avons pratiqué une nouvelle action coup de poing. Il s’agissait de dénoncer les pratiques de la Fac Dauphine. J’y reviendrai plus en détail dans la fin de cette note. Je veux avant tout m’attarder sur la méthode que nous avons employée pour critiquer les pratiques de cette Université. Elle s’inscrit pleinement dans notre volonté de faire de la politique autrement. En agissant ainsi, nous nous inscrivons dans l’histoire du mouvement ouvrier en pratiquant des actions d’agit’ prop’ en vogue dans les années 1920 et 1960-70. Ces scénettes font œuvre d’éducation populaire. Il en allait ainsi de l’action que nous avons mise en place ce matin.
Il s’agissait ce matin de dénoncer la Fac Dauphine, comme « modèle » de fac Pécresse, qui vient de décider de fixer jusqu’à 4.000 euros par an les droits d’inscription pour 44 de ses 105 masters contre 231 euros actuellement.
Pour la mise en scène de l’action, des militants ont installé une banderole interdisant symboliquement l’accès à l’Université aux étudiants n’ayant pas les moyens de payer les nouveaux frais d’inscription votés par l’Université en application de la loi Pécresse. D’autres ont endossé des costumes de « contrôleurs » et vérifiaient si les étudiants s’étaient acquittés de leurs 4000 euros de droits d’inscription et contrôlaient le niveau de revenus des étudiants. Les moins fortunés étaient réorientés vers des « banquiers » qui leur proposaient des prêts pour financer leurs études à des taux exorbitants. Cet aspect ludique a permis d’interpeler les étudiants qui dans leur majorité ont accueilli avec chaleur et amusement les militants du Front de Gauche.
Bien sûr, l’accueil fut moins bon concernant un directeur de master se vantant d’avoir fait adopter ces nouveaux frais d’inscription !!!
Un tract était distribué aux étudiants reprenant les arguments ci-dessous :
La Fac Dauphine vient de décider de fixer jusqu’à 4.000 euros par an les droits d’inscription pour 44 de ses 105 masters contre 231 euros actuellement.
Non aux facs de riches !
La loi L.R.U (Loi Relative aux libertés et responsabilités des Universités) de V. Pécresse organise l’autonomie et la mise en concurrence des universités. C’est la porte ouverte à l’explosion des frais d’inscription, la ségrégation sociale dans l’accès aux diplômes entre Facs de riches et facs de seconde zone !
La Fac Dauphine vient de créer la chaire « Ville et immobilier », financée par le Crédit foncier, la chaire sur « le Management de la diversité », soutenue par EADS, La Poste, la Macif, GDF-Suez et SFR ou encore la Chaire de Géopolitique financée par AREVA et Air France. Demain un master Mac Donald ou Dassault ? Mais la réalité dépasse déjà la fiction !
Non aux facs du CAC 40 !
C’est la marchandisation des universités, dépendantes des intérêts des grands groupes privés. C’est la casse des diplômes nationaux, la fin de l’indépendance de la recherche et la mort de la laïcité de l’enseignement public supérieur au mépris des savoirs et de la culture.
Abrogation de la Loi LRU !
Avec la liste « Ensemble pour des régions à Gauche », portée par le Front de Gauche et un large rassemblement d’organisations et de personnalités du mouvement social nous prenons l’engagement d’abroger la loi L.R.U en cas de défaite de la droite en 2012 et nous demandons au reste de la gauche de prendre le même engagement.
En attendant, la Région Ile-de-France doit contribuer à la résistance contre ces projets de démantèlement du service public de l’enseignement supérieur en organisant des assises de l’Université et de la Recherche en Ile-de-France pour un contre-projet à la loi LRU.


On aurait bien besoin de vous ici au Texas!